D’une forme à une autre

 

L’Origine embrase tout ce qu’il y a de plus illusoire en nous.

L’Origine vous happe le Cœur et le ventre pour qu’elle se manifeste dans sa plus juste et nécessaire expression.

Mon histoire personnelle d’enfant abandonnée, puis adoptée, est le siège d’une quête identitaire, tour à tour reniée et revendiquée…mais toujours silencieuse et douloureuse.

Lorsque le Passé est éclairé du faisceau de la Conscience, alors l’Instant Présent peut être reçu comme un cadeau.

Le nom est l’interface de la personne avec les autres, il nous différencie pour mieux nous relier.

Pour d’intimes évidences, je reprends le  nom que mon pays d’origine m’a donné : Yoon Ok inscrit en troisième position de mon acte de naissance.

Je porte un legs vibratoire et cellulaire, que je ne peux plus nier et qui investit et intervient dans tout le champ de mon travail énergétique, comme l’héritage d’une lignée ancestrale qui s’impose à moi et que j’ai si longtemps cherché pour apaiser mes blessures.

Je témoigne toute ma reconnaissance envers le soutien et  l’Amour de ma famille adoptive, ainsi que son accueil face à cette décision.

Laisser une forme pour en revêtir une autre…ainsi va la stratégie de l’Âme, telles des portes d’accès qui nous conduisent inexorablement vers l’accomplissement de ce qui Est.

Jouer la partie

J’ai joué la partie le cœur encore chaud et battant dans les mains.

J’ai joué la partie en pronostiquant que j’allais perdre.

Et soudain, j’ai réalisé que pour perdre…il faut posséder au préalable.

Or, je ne possède rien, encore moins les  êtres que j’aime.

Il n’y  a que la Conscience qui crée savamment, et peut donc se revendiquer Mère de nos peurs et de nos passions humaines.

J’ai  donc joué la partie, en observant les sursauts de colère et de tristesse abyssale qui me traversaient de part en part.  

Je me suis alors rappelée qui j’étais, c’est-a-dire rien et tout à la fois.

Je me suis aussi rappelée que je n’allais pas mourir ce jour-là, comme une intuition philosophale nerveuse et rassurante.

Je continuais de jouer la partie… tout en observant et en évitant les tentatives de rétractation et de manipulation.  L’Amour tenait la colère par la main, la tristesse cherchait l’énième boîte de mouchoirs et la peur fuyait vers la sortie de secours.

Je jouais la partie en mettant mon cœur à nu, sans savoir que, par conséquent, je ne portais plus mon masque. Il s’était fissuré et était tombé de rage, de désespoir, de peine… de « quelque chose » qui était devenu trop lourd à porter.

J’avais toujours en visuel les masques de mes alliés et de mes adversaires autour de la table.

Comment continuer à se reconnaître et à jouer la partie ?

Avant même d’enclencher 1001 hypothèses en guise de réponse, je sentis ma Présence plus intense, et devina que je les invitais à, eux aussi, laisser tomber leurs masques.

J’ai joué cette partie et me suis donnée le plus beau des cadeaux : être libre de pouvoir simplement Être, sans rien justifier, argumenter ou renier ce qui me traverse.

Car, en vérité, nous sommes tous habités et traversés par les mêmes choses. Alors, ne perdons plus de temps à juger la qualité du scénario du voisin, et écrivons notre histoire.

Sachons-nous rappeler que nous jouons des rôles nécessaires, avec tout l’Amour du monde. Lui seul détenteur des règles de ce jeu unique qu’est la Vie.

Alors jouons la partie les amis, avec les cartes qui nous sont attribuées. Tour à tour, chanceux ou malchanceux, honnête ou tricheur, guidé ou abandonné par le sort… Conscients que la Vie nous aveugle par une illusion magistrale et ne se dévoile purement qu’au-delà.  Mais jouons ! Et surtout…parions tout sur l’Amour.

Les rencontres

Gardienne de la tour d’un château fort, j’ai sous mes pieds des trésors inestimables, dont je retire fierté et parfois, orgueil.

Depuis la tour de garde, je scrute le monde et l’Océan de la Création qui m’entourent et dont je me crois séparée.

Filtrant les arrivées et les départs des bateaux qui accostent sur mon rivage.

Je commercialise les trésors et les négociations tournent souvent en ma faveur.

Mentale et intuitive, je détecte les désirs et adapte mon offre.

C’est lors d’une banale ronde nocturne, que je décidai d’ajuster ma longue vue pour élargir mon horizon.

Ce soir-là, je vis une lumière dans l’obscurité. Une lumière qui surpassait tout ce que j’avais vu jusqu’alors. Son éclat et son intensité perçaient la nuit.

Elle me semblait si familière et si identique à la mienne.

Je me surpris à penser que c’était mon propre château qui se reflétait dans l’eau.

Je me surpris à penser que c’était moi.

Puis, ma tête me commanda d’oublier ce mirage, encore une de ces nombreuses illusions dont le monde extérieur a le secret. Cela n’avait pas d’importance et aux premières lueurs de l’aube, tout disparaîtrait.

Mais les jours passèrent, et je me suis mise à entendre l’or et les pierres précieuses me murmurer sans relâche, avec insistance, telle une voix divine, de partir à la rencontre de cette lumière lointaine.

Je ne pris cette décision, qu’après évaluation de l’apparente absence de danger et poussée par une curiosité et une force divinatoire, puissante, gracieuse et singulière, supérieure à moi-même, que je ne saisissais pas vraiment.

Je n’avais pas peur, pas encore.

Je m’abandonnais à ce que je sentais, sans souhaits, ni attentes particulières.

Le voyage fut enseignant, moi qui n’avais jamais entrepris ce périple hors de mon poste d’observation.

Je me rapprochais, et pouvais constater que ce n’était pas un mirage, mais un autre château fort, à la réplique du mien.

Je sentis la peur m’envahir sans raison apparente.

Lorsqu’on s’aventure hors de son territoire, il nous faut emprunter  les eaux de l’Amour qui, elles seules, peuvent nous conduire vers un autre lieu. Mon embarcation avait une faille et l'eau s’infiltrait.  J’allais donc mourir, noyée dans ce grand tout.

Avec véhémence, je réussis à réparer la fissure et  accoster sur le rivage.

Je fis la rencontre du gardien homologue à ce lieu.

De cet instant, j’ai le souvenir d’avoir cru que l’Univers conspirait contre moi, tel un bourreau et sa victime. Je me délestais juste de mon contrôle, une partie égotique de ma personnalité, sur qui j’avais bien compté jusque là.

A présent, je ne pourrais plus rien contrôler…

Puis, il m’a laissé entrer…non pas par le pont levis, comme les autres, mais par une meurtrière.

Je suis entrée par cette ouverture.

Je suis entrée par sa blessure.

Une de celles qui n’étaient pas encore vue, pansée et pensée.

Aveuglée d’une ignorance totale et d’une naïveté désolante, je me suis trouvée là.

Je ne voulais rien prendre, rien saccager, rien détruire, rien acheter…

Ce gardien m’avait attendue, reconnue et dirigée vers cet endroit, surpassé sûrement par la même injonction divine.

De l’intérieur, il ordonna de verrouiller cette ouverture.

Lorsqu’un mouvement de fermeture s’opère, on empêche toute possibilité aux autres de partir pour pouvoir reconnaître en soi, qu’il n’y a rien d’autre que ce qui est déjà.

L’illusion d’un visiteur extérieur à soi-même et indésirable dans sa vie, s’effondre, dès lors qu’on ouvre son Cœur. Seul véritable rempart contre les importuns qui se transforment, comme par magie en guérisseur.

Je me suis donc retrouvée enfermée, à l’intérieur d’un château fort, sans aucune ouverture pour pouvoir en partir.

J’ai le sentiment d’être prisonnière, dans ce sas froid, hostile et hermétique.

Je ressens être dans l’annexe de son Cœur et que pour y accéder, il me faut me délester encore et encore…de conditionnements humains, ancestraux. Il n’y a pas d’autres choix, ni distractions possibles ici.

Je m’y suis résignée, puis l’ai accueilli.

Je suis dans l’ambivalence et la relativité de l’humanité. J’explore les contrastes : le sentiment de sécurité, puis de danger, la familiarité et l’inconnu…et des petites flammes de lumière jaillissent, me sortant de la pénombre, et me réchauffant le Cœur, les muscles et la peau.

Je réalise alors, que c’est une véritable Rencontre avec moi-même et que le château fort bis n’est qu’un cadeau merveilleux, une stratégie de la lune et des étoiles pour y parvenir.

Je n’aurais jamais pu descendre dans le mien, par une meurtrière, et j’aurais été trop absorbée à faire ce que j’appelais « ma mission ».

Je m’écroule à terre…les larmes de Joie et de Gratitude, à la lumière de cette révélation, sont lourdes et pèsent une tonne.

Elles sont pour ce gardien qui m’a autorisé à toucher ce qu’il avait de plus vulnérable et de plus douloureux chez lui.

Malgré l’inconfort de ma Présence, chargée de peur.

Il a dû s’exiger la patience pour me laisser me transmuter et pouvoir procéder à ce que je suis venue faire pour lui.

Le libérer à son tour, en le laissant de la même manière, s’infiltrer dans une de mes meurtrières.

Mais il y est déjà…

« Par ta Présence salvatrice, montre-moi les racines de ma douleur ».

 

Nous voulons tous être « quelqu’un » jouissant de son plein accomplissement et de son plein potentiel.

Nous ne voulons pas ce grand Amour, que nous proclamons hypocritement.

Car, si nous le voulions, cela reviendrait à ce que la personne se consume, disparaisse, meurt dans un grand Tout à la vacuité terrorisante, où nous perdrions toute individualité, ainsi que nos belles histoires hollywoodiennes colorées.

Tels des enfants fugueurs, nous fuyons notre propre maison, sans comprendre qu’il n’y a rien d’autre à l’extérieur que nos projections égotiques et la réplique d’une multitude de maisons qui nous conduisent vers la nôtre, inexorablement.

Alors, transmutons les blessures du passé, du collectif, de l’humanité, en reconnaissant  tous ces gardiens, qui dans leur ignorance et leur naïveté, s’essoufflent à nous protéger.

Reconnaissons maintenant que chaque rencontre est une divine résonance fréquentielle.

Par affinité vibratoire, nous pouvons, ou non, nous glisser dans les failles et les trappes des uns et des autres. Celui qui y entre est celui qui permet la guérison.

Je remercie du plus profond de mon Cœur, tous les gardiens et les châteaux forts qui m’ont laissée entrer par la porte royale, ou par la minuscule grille d’accès annexe. La valeur absolue et précieuse en est la même.

J’ai cette foi inéluctable envers l’existence de ces trésors fabuleux enfouis en chacun de nous.

Fendiller l’armure, sans donner l’assaut, ni désirer prendre ou posséder l’autre, pour découvrir la beauté et la vérité de chaque rencontre orchestrée. Et œuvrer à ce que nous puissions nous reconnaître tous habitants et créateurs d’une même Terre et d’un même Ciel, pour enfin, vivre ce Grand Amour.