L’UN

Aimer à la manière d’un Dieu 
Pour réécrire l’Un à partir du deux
Aimer à la manière des Cieux
En faisant de notre mieux

Sur le chemin de l’Eternel
Nous nous abreuvons de flux et de reflux carmins
Nos vies se riment en elle
De cette illusion de créer et de briser des liens
Bien que nous ne faisons qu’Un

Adjoindre le sel et le miel
De douleurs et de douceurs pour goûter nos lendemains
Entendre les rumeurs du Ciel
Dans la pénombre sacrée où je te tiens la main
Feindre l’Oubli des séquelles 
La guérison des mémoires pour seul lieu saint

Le Souffle Divin

Lorsque je te révélerais à ta Splendeur et à ton néant, 
me reconnaîtras-tu?
Lorsque je te perdrais dans les méandres de tes propres reflets, et identifications, 
me reconnaîtras-tu? 
Lorsque je t'attendrais derrière les geôles de ta Mémoire, 
me reconnaîtras-tu? 
Lorsque je t'abandonnerais à l'effroi de ta solitude et dans le renoncement de la vanité des choses, 
me reconnaîtras-tu, pour mieux te reconnaître? 
Car je suis le Souffle Divin et Originel, qui, par sa nature, balaie les règles, les concepts et les lois qui te conditionnent. 
Je m'infuse partout et porte le visage du commerçant, de la mère, du frère ou de l'Homme de la rue. 
Tu me fais naître dans la spontanéité d'un rire d'enfant et me fais mourir dans l'existence de tes illusions. 
Mon murmure est incessant et te rappelle, à chaque instant, ton engagement à célébrer la Vie et son Mystère, car tu en es sa Genèse.

                                                                                                                                                                 

     

                                                                                                                                                        

DE TERRE ET D’AIR

Dans les tréfonds de mon âme
Où j'y ai forgé mes armes
Se consume une épique bataille
Brasier de morceaux de ciel corail

Ma chair céleste capitonne la fonte
De cet alliage comme armure qui trompe
Il me faudra encore aller hors territoire
Pour que tu puisses de nouveau me voir

Me satisfaire du peu qui encourage
Pour apaiser les plaies dans nos sillages
Me soumettre à la nuit de l'oubli
M'immerger dans l’ultime tragédie

Expérimenter la quête et l'inquiétude
Le panache des victoires, dans la solitude
Explorer les souvenirs du subtil
Vivre l'instant sans ne rien mettre en péril

Toi seul saura ma souffrance à l'illusion
Imperceptible et invisible en toutes situations

L'écho d'une mélodie, celle de ma mélancolie
Se rappellera à moi sans ne faire aucun bruit
Me libérant de l'obligation d'être heureuse
M'autorisant à ma vulnérabilité silencieuse

Puis s'effondrer dans ses incapacités humaines
Anoblir ce mouvement par ma nature de reine
Combler sans haine ce manque humain
Distiller l'Essence de cet Amour divin

Pour ma fille

Dans tes cheveux sombres se perdent des reflets cuivrés
Tels des éclats de lumière métalliques enchevêtrés

Dans ton regard sombre se lisent profondeur et gravité
Comme des noyaux tissés de secrets entremêlés 

Parfois reine isolée et blessée dans d'épiques batailles
Tu livres à l'Amour une guerre mystique à double faille

Ta fragilité incandescente brûle de 1000 feux
Ta féminité et ta force transcendées dans mes yeux
Content tes pirouettes et tes entrechats
A tes contours graciles et délicats

La Vie s'étire à m'émerveiller de toi
Miracle quotidien de ma petite Lana 

Volupté Sacrée

 

C'est un parfum nocturne qui enveloppe et embrume

C'est une lune diurne qui agite et pourfend l'écume

Lorsque les mots s'absentent pour que l'Instant se crée 

Je ressens la Présence plus que nul autre baiser

Niche de secrets mouvements terrestres

Les courbes de tes sentiments célestes

Servent de mets aux nectars généreux

Menant accès aux couloirs des cieux

Les pleins et les déliés

Peindre les pleins et les déliés

Des Silences et des Absences habités

De la pureté de l'Invisible Mouvement

M'abdiquer au gré du seul Présent

Volonté de s'abandonner à l'oubli

Mais l'appel de la Vie ne laisse aucun répit

Puiser dans le lit de mes tourments

La force d'anoblir d'ancestraux serments

Panser nos blessures intestines

Pour voir l'Avenir qui se dessine

 

                                                          

A l'Absence


Je sonde ton absence
Tel un vide cosmique qui me ronge les viscères et définit mon corps de chair
Je songe à ton absence
Jusqu’à te renier pour sentir mon cœur frémir et palpiter
Et parcourir le confort des distances pour me sevrer de toi
L’absence qui œuvre à nourrir pour faire mourir
Alors, pour soulager cette douleur qui m’exile du monde des vivants, je te baigne dans l’eau sacrée salée de mes prières d’antan
Puis, je te pare d’ornements consentis et forgés par tous les Dieux
Viens te réchauffer au feu de mon Soleil pour que je t’enlace dans le mouvement éternel.
Je ne sais pourquoi, cet Amour fleurit à chaque saison et échappe à la raison 
Je ne sais pourquoi cela est Toi et Moi
Sur les falaises de mes élans, du bout des doigts
Je laisse glisser au vent, l’étoffe de soie tissée au feu de nos serments
Viens me retrouver dans la chaire des sentiments, là où je t’attends. 

Pleine lune

Ici et maintenant, tout est absous

Je ne suis Rien et pourtant Tout

Les étoiles nous ont enfantés 

Afin d'observer l'Immensité

Les invoquer telle une prière

Et ainsi, rompre les vœux solitaires

Endosser mille formes et n'en Être aucune

Tout s'éclaire comme une nuit de pleine lune

                                                     

VARIABLE

 

Mon Esprit est une contrée sauvage

Y avancer vaut mille paysages

 

Mon Cœur pour unique instrument

Fusionner avec son mouvement permanent

 

Mon Corps est l’orfèvre des sentiments

Périssable et fragile, il redoute le temps

 

Mon Être variable aux multiples vibrations

Résonne à l’Unisson du chant de la Création

 

Suspendue aux fils tendus de l’Invisible

Je relie les Âmes là où tout est possible